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Through the Amish country

Traversée des terres Amish en plein déluge … on a donc peu de clichés à vous partager ! A vélo on avait l’impression de ne pas trop dénoter, mais notre camouflage laissait néanmoins a désirer. Quelques suggestions pour une prochaine incursion : remplacer …

– nos fontes hermetiques par des caisses en carton

– nos casques par des chapeaux de paille

– ma queue de cheval par un petit chignon recouvert d’un bonnet

– nos cuissards par une longue jupe noire ou de belles bretelles

– laisser pousser la barbe de Jonathan

– installer une grande corde pour faire sécher le linge et n’y mettre que des vêtements noirs

– parquer la carriole devant la maison

– planter plein de fleurs devant la façade

– …

On y était presque !

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Singing through the rain

“Qui n’a pas expérimenté ce moment de basculement où, tout recroquevillé sur son guidon, fouetté par les trombes d’eau, on lâche tout à coup l’idée que la pluie est notre ennemie, on s’ouvre à elle, on accepte son ruissellement sur le visage comme une caresse du ciel, et l’on se met à rouler dans les flaques en riant, achevant de détremper le reste de sous-vêtements secs, mais heureux tout soudain de faire corps avec la tourmente, d’en être, et donc de ne plus en souffrir, parce que dans l’acceptation de cet univers liquide, mélange de ciel et de terre, on y a découvert une manière inédite d’évoluer, telle une sirène à l’envers ?”  (Tronchet, D., Petit traité de vélosophie)

Pour sûr que la sirène était retournée, et plutôt au stade méduse de son acceptation.
Après 20 jours de doux voyage sous le soleil, on avait fini par croire que vivre dehors était un jeu d’enfant. Nos vélos connaissaient bien sûr la rosée du matin, et on avait pris l’habitude de replier notre tente malgré son humidité. On avait donc l’impression de bien gérer notre petite vie de nomades, jusqu’à ce que Father Sky nous remette la tête entre nos deux oreilles.

Pluie, drache, grêle, … on a même commencé à inventer des nouveaux mots pour essayer de décrire ce qui nous tombait du ciel. Des nouvelles questions se sont alors posées : Comment arriver à retirer son pull et le ranger sans se faire tremper le T-shirt ou inonder la sacoche ? Comment garder les yeux ouverts en descente pour analyser au minimum l’état de la route ? Combien de litres peuvent contenir nos gants “water resistent” (ou plutôt “water plouf” si vous voulez notre avis). Heureusement, une lueur brillait dans la tourmente : on savait que le soir-même, Cécile et Marc, des amis de la famille, nous ouvriraient grand les portes de leur maison. Quel plaisir de retrouver des visages familiers, de parler français, de prendre une bonne douche (en sachant que c’était la dernière de la journée!), de s’installer devant un délicieux repas, …  Ca nous a remis d’aplomb pour développer notre plan d’attaque pour les jours suivants (qui annoncaient une alternance entre averses et grêle) : dodo au chaud ! On a donc réservé 3 nuits de warmshowers, ce qui nous a permis de continuer à avancer sans même attraper un rhume ! Merci Sue & Marc, Julie, Tom, Molly & Caroline, et Tom & Elaine !

Pour atteindre les warmshowers, le plan était simple :
1. Enfiler toutes nos tenues anti-pluie (nous recouvrant du bout des orteils jusqu’au cuir chevelu)
2. Après quelques kilomètres (et infiltrations), faire un avec la pluie (“caresse du ciel”)
3. Puis une fois qu’on en avait assez de se faire ainsi cajoler, espérer de tout son coeur voir apparaître un fast-food à l’horizon.
Jamais nous n’avions autant rêvé qu’un Burger King nous tombe du ciel !!! On a ainsi trouvé refuge dans un meveilleux Dunkin’ Donuts, et dans un Family Restaurant qui pour nous a pris des airs de paradis (et de séchoir) !

Seulement, le plan n’était pas parfait, car une fois qu’on se sentait réchauffé, il fallait alors :
– retirer ses chaussures
– réenfiler son surpantalon mouillé
– se reglisser dans ses chaussures mouillées
– en flamant rose, remettre ses surchaussures mouillées
– remettre son imperméable mouillé
– tordre ses gants trempés et les réenfiler
– remettre casque et veste fluo
– et retourner dehors, entre ciel et terre, jouer à la méduse !
Jonathan, lui, avait trouvé le truc pour éviter ce revers de la médaille : il gardait sur lui ces affaires trempées, et perdait donc un peu en confort, mais décidait bien plus facilement qu’il était temps de poursuivre la route pour arriver à son paradis : la warmshower du jour !

Une toute nouvelle organisation se mettait donc en place. Fini les arrêts improvisés pour prendre des photos (ce qui était non sans déplaire à l’homme de ce voyage). Fini aussi d’allumer la radio comme renfort mollet pour les pentes ardues. Dans ces moments-là, malgré l’essouflement, Jonathan entonnait nos hits préférés. C’est alors que la méduse se fit sirène.

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