Orange Bike Mechanics

Après quelques 5000 km parcourus vers le sud, toujours plus au sud, nous nous sommes levés un matin, une idée toute fraîche en tête : et si on faisait volte-face et qu’on travaillait pour une fois la face gauche de notre bronzage ? (cela fait bien longtemps que la coloration de mon casque a perdu de sa symétrie !) Et pour soutenir l’idée folle du matin, notons que pour poursuivre vers le sud, il nous aurait fallu gonfler à bloc nos chambres à air et nous munir de pagaies : plus que 90 miles et on était à Cuba !

Nous revoici donc au lever du jour, à contempler d’un oeil rempli d’appréhension l’horizon nordique. Paulette et Daniel sont dans l’avion (3h pour un Miami-Boston ! 1h d’avion équivaut donc à 1 mois de vélo ;). Adieu parents, confort, air co, scampis ! Et à nous la rudesse des éléments : grand vent, invasion de moustiques, pluies tonitruantes, vagues de froids, premiers pneus plats … la Floride version carte postale, c’est fini ! On remonte par l’intérieur des terres. Depuis Boston, nombreux sont ceux qui nous avaient mis en garde contre cette région du pays où de drôles de bonhommes vivent dans les buissons et où les cartels de drogues terrorisent les braves pères de famille. Un de nos précédents hôtes nous avait même raconté comment un soir, il s’était retrouvé en plein milieu d’une assemblée du Ku Klux Klan. Mes tentatives de dissuasions restent sans écho : Jonathan est bien décidé à découvrir par lui-même ce que cache l’intérieur de la péninsule. Nous nous séparons donc, je prends la côte ouest et lui la route des malfrats, et nous décidons de nous retrouver dans les marécages d’Orlando (que j’atteins bien évidemment avant lui, tout le monde ne peut pas fendre l’air comme mon Fireworks) (bon ok, rien de ceci ne s’est réellement passé : évidemment que j’ai suivi mon cher et tendre (pas Fireworks, l’autre 😉 dans sa courageuse exploration ! Et nos efforts ont été couronnés de vaches aux longues cornes, d’orangers et de cannes à sucre à pertes de vue, de sources turquoises et d’autochtones rivalisant de gentillesse les uns avec les autres ! On comprend mieux pourquoi le secret de l’intérieur des terres est si bien gardé ! Car qui a dit que la Floride était plate ? Après des semaines de ponts pour unique montagne, nous découvrons avec bonheur quelques collines, enchantant le paysage et nos mollets.

Outre ma promesse solennelle de rester aux côtés de Jonathan pour le meilleur comme pour le pire, un petit argument aux grandes oreilles et aux gants blancs finit de me convaincre du tracé à prendre : pour rendre visite à Mickey, autant viser un jour de semaine, quitte à couper à travers le pays et insister un peu plus fort sur les pédales ! C’est donc par un glorieux vendredi, entourés de milliers de petits et grands enfants, qu’on pousse les portes du “on ne peut plus bisounours” des parcs Disney. Commence alors le grand marathon des attractions (car oui, l’absence de landeau ainsi que notre incroyable condition physique nous permet de courir d’une file à l’autre sous l’oeil épuisé des parents environnants). Les animations sont plus courtes que dans nos souvenirs, et tous ces mecanismes nous semblent vraiment ingénieux. Dur de se sentir adulte sans même être vieux. Heureusement, Mickey fait son show devant le château, et d’un coup c’est toute sa magie qui rejaillit, jusqu’à humidifier les petits bords de mes yeux. Dreams really do come true !

Categories: Florida | 4 Comments

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4 thoughts on “Orange Bike Mechanics

  1. Mom

    If I had known you had sent a new post, I would have got up at 5am together with dad (who’s flying to England) and discover it! Instead I wasted two hours in bed!:(
    Thanks! It is again fabulous and it’ll help me feel less lonely here;)

  2. Isabelle Van Lierde

    Magnifique !!! 🙂

  3. Pierre Hanin

    Chers vous deux, Un chaleureux merci pour vos e-mails qui nous permettent de savoir où vous en êtes dans votre périple. Il nous semble que vous vous américanisez de plus en plus; ce qui est normal pour vous et moins pour nous qui ne sommes pas familiarisés avec la culture et la technique américaines. Grâce aux nombreuses gentillesses dont nous sommes entourés dont la maman de Maëlle ,nous avons pu vous revoir sur écran et passer le nouvel an avec vous, ce qui nous fait penser au fait que la distance n’existe plus. Nous vous embrassons. Mamine et Papy.

  4. Pauline & Phil

    We see it! The yin & yang of even your potatoes and peas, highs and lows in temperatures, full tires except for that one flat,in all those miles. So glad for the fine people you met & that you saw Belle and Mickey! Your smiles, words,& attitudes are simply Supercalifragilisticexpialidocious!!

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